— J’ai été obligé de m’en séparer momentanément. Le Crédit Municipal ne m’a donné là-dessus qu’une somme dérisoire. Le boîtier n’était qu’en argent, et ils n’ont pas fait attention au certificat. Au fond, la somme étant faible, il me sera plus facile de le dégager. Et puis, il était arrêté…
— Il ne marchait pas bien ?
— Je vois que vous n’avez pas étudié de près ces instruments de précision. Des outils de cette qualité, ça ne se juge pas à la marche, mais à la fabrication. Quand je l’aurai dégagé, ne croyez pas que je le ferai réparer à Paris : la première patte d’horloger venue ne doit pas toucher à cette petite merveille. J’aurai à cette époque des disponibilités, et j’irai à Genève, mettre cette montre entre les mains de l’artiste qui l’a établie.
Cependant Marcel traverse la pièce, accompagnant le propriétaire, avec qui il est parfaitement d’accord, et à qui il a placé trente-cinq mille francs d’actions.
— Hé bien ! dit Jean, quand il se retrouve seul avec Gustave, il a fait des progrès, notre petit Marcel ? Qu’est-ce qu’en dirait le père Langrevin ?
— Oh ! Le père Langrevin… Il est bien occupé en ce moment !
— Qu’est-ce qu’il y a donc ?
— Ses affaires ne vont pas toutes seules… Marcel n’en sait rien. J’évite de lui parler de son papa…
— Comment ? je tombe de mon haut ! La librairie Langrevin ne marche plus ?
— Je ne vais pas jusqu’à dire ça… Il y a des bruits…