— Et vous, chère amie, vous m’avez parfaitement secondée.
Allons ! Allons ! Ils sont tous bien contents d’eux-mêmes ! Il ne reste plus qu’à attendre l’avis de M. Langrevin.
Les actions de grâces ne sont pas terminées, et l’on remercie encore M. Girbel.
— Mais je ne risque rien, chers amis. La combinaison que j’ai proposée est avantageuse pour tout le monde.
— Il faut, dit Florentin à sa femme, que votre père ait perdu la tête. Il sait que nous devions être ici à trois heures pour arranger ses affaires. Il est plus de trois heures vingt. Vraiment, cette façon d’agir, qui aurait été excusable quand ses affaires allaient leur train, devient un peu singulière, maintenant que nous avons pris en main le soin de ses intérêts.
— Quelqu’un vient d’entrer, dit Cécile. C’est lui sans doute…
Non, ce n’est pas lui. Émile apporte la carte du conseiller Chasselin, qui n’a pas rencontré M. Tury-Bargès à son domicile, a su que le magistrat était chez son beau-père, et s’est permis de venir le trouver.
On fait entrer M. Chasselin. Comme ce n’est pas une affaire de service qui l’amène, mais une question toute personnelle, concernant M. Tury-Bargès, il peut parler devant Cécile et M. Girbel, qui sont de la famille.
S’il a pris liberté de relancer ainsi M. Tury-Bargès, c’est que le motif de sa démarche est assez grave…
Le conseiller Chasselin est un homme encore jeune. Il a les mouvements gracieux d’un danseur professionnel, plutôt à la manière de Vestris qu’à celle d’un professeur de charleston. C’est à regret sans doute qu’il ne ponctue pas ses phrases de jetés-battus et d’ailes de pigeon. Mais ses propos s’accompagneraient mal d’une telle fantaisie.