— Moyennant, dit Girbel, un versement annuel de cent quarante mille francs, que je continuerai pendant douze ans, je deviendrai, si vous le voulez bien, le propriétaire de votre firme. Nous imputerons sur les premières annuités, à raison de soixante-dix mille francs par an, les remboursements qui me seraient faits pour le paiement du passif actuel. Je comprends dans ce passif les cent quatre-vingt mille francs que je suis obligé de verser pour le rachat de l’affaire de Lyon. J’ajoute que vous toucherez en plus quarante mille francs…

— Mes appointements, murmure Langrevin, d’une voix presque chantante…

— Ce n’est pas des appointements. C’est un complément du prix d’achat, complément proportionné aux services que votre concours effectif rendra à la maison. Les conditions vous semblent-elles satisfaisantes ?

Langrevin, au bout d’un instant, dit d’une voix rauque :

— Elles ont été acceptées par ma fille et mon gendre. Je n’ai qu’à m’incliner.

— Il ne s’agit pas de vous incliner, mon beau-père, si vous n’êtes pas de notre avis.

— Je tiens à dire, affirme M. Girbel, que je renonce à l’affaire si j’ai l’air de vous forcer la main.

Il faut tout de même que Cécile s’interpose.

— Voyons, Henri ! nous forcer la main ! Mon père n’a jamais eu une idée pareille ! Il apprécie hautement le service que vous lui rendez. Et il vous est (elle se tourne vers son père) reconnaissant…

— Reconnaissant, répète sourdement M. Langrevin, comme un enfant docile qui fait un exercice de classe…