— C’est de l’argent que j’ai perdu à la Bourse ! Il y a quinze jours… Fallait-il être affolé ! Moi qui n’avais jamais spéculé de ma vie ! Il fallait vraiment n’être plus dans mon assiette… pour écouter les renseignements que l’on est venu m’apporter… Je me suis dit : « C’est peut-être le salut. » Alors, pour exécuter cette opération, j’ai emprunté trente mille francs à Pecq-Vizard, sans lui dire pourquoi c’était, naturellement. Il ne connaissait pas ma situation. Il m’a donné l’argent tout de suite. Hier, quand il a été mis au courant, par des indiscrétions qu’il y a eu à droite et à gauche, il est venu me trouver et m’a dit des choses… vous savez… un peu dures. Il m’a reproché de l’avoir trompé, de ne l’avoir pas averti que j’étais dans une mauvaise passe… C’était juste, si vous voulez… C’est égal, en me voyant par terre, ce n’était pas à lui de me dire tout ça… pour trente mille francs… De vieux camarades… C’est dur à supporter…

— Qu’est-ce que vous avez, patron ?

M. Langrevin, en effet, a eu comme un tressaillement…

— Je crois qu’il y a quelqu’un dans l’antichambre… J’ai entendu un bruit de voix.

— Je vais dire que l’on ne vous dérange pas.

— Voyez qui c’est, avant. Émile va nous le dire… Nodel ?

— Monsieur Langrevin ?

— Vous n’avez rien entendu dire… On ne vous a pas dit que… mon fils… était à Paris ?

— On me l’a dit, en effet, monsieur Langrevin.

— Je n’aurais pas été fâché… Qu’est-ce que c’est ?