—C’est à n’y rien comprendre.

LE MUSÉE DE PORCELAINES
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—Visitera-t-on le musée avant ou après le déjeuner?

Une partie des voyageurs est d’avis de déjeuner tout de suite. L’un d’eux a faim, cet autre se dit sournoisement que le déjeuner se prolongera, qu’il faudra repartir, et qu’ainsi on remettra à une autre fois la visite au musée.

Mais l’avis des amateurs d’art prévaut. C’est l’avantage des idées nobles de pouvoir être proclamées avec énergie. Les partisans du déjeuner immédiat n’ont pas le courage de leur vile opinion.

Je dois dire que je me suis rangé du côté des amateurs d’art, et pourtant j’ai faim. Ai-je ainsi agi par une espèce d’opportunisme, en pressentant que la majorité serait pour le musée? Me suis-je dit que le devoir était là?

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* *

Je suis chargé de trouver le musée, pendant que les deux mécaniciens des voitures vont à la recherche d’un garage.

Le premier passant à qui je m’adresse est un homme à casquette cirée qui prend la position militaire, regarde à droite, et ensuite à gauche, et me répond qu’il est ordonnance et qu’il ne peut pas me dire... Je n’ai pas plus de succès auprès d’une vieille marchande de légumes. Mais chez un petit voyou blond, qui écoutait mes questions, se révèle une compétence imprévue. Il m’apprend qu’il y a deux musées, celui des tableaux et celui des porcelaines. Je vais annoncer la bonne nouvelle à la petite troupe des chauffeurs.

Le musée des porcelaines est tout près. Il faut commencer par là... C’est peut-être intéressant... On n’y restera pas longtemps, car la peinture nous réclame... On tourne à droite, puis à gauche, et l’on arrive à une petite place, en face d’un monument d’aspect assez simple. Ce monument a l’air complètement abandonné...