Notre arriviste, pour être un parfait arriviste, aurait dû savoir cela...

LES JOIES DE LA LECTURE
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—Je vais être très indiscret, dis-je à cet ami de station balnéaire, qui m’avait proposé de faire une belle excursion en auto.

—Allons, qu’est-ce que c’est? Ne vous gênez pas...

—J’ai reçu ce matin une lettre d’un de mes camarades—d’ailleurs, vous le connaissez, c’est Frédéric. Il devait venir faire une semaine, le mois prochain, chez moi, à la mer. Or, il me demande d’avancer son voyage, parce qu’il craint de n’être pas libre dans un mois. C’est un compagnon très agréable. Et, s’il vous restait une place dans votre voiture...

—Mon ami, je suis désolé... Vous m’auriez dit cela hier matin... Mais aujourd’hui nous sommes au complet. J’ai invité hier soir précisément mon cousin Léonard... Vous ne le connaissez pas?

—... Je ne crois pas...

—Je n’ai jamais voyagé en auto avec lui. Je ne songeais pas à lui dire de venir. Mais, comme j’ai eu l’imprudence de parler devant lui de notre expédition, il a paru tellement intéressé par notre itinéraire, que je n’ai pas pu faire autrement que de l’inviter... Si j’avais su... Je suis vraiment navré...

—Mais vous avez tort... C’est moi qui aurais dû vous en parler plus tôt. Je vais télégraphier à Frédéric. Je regrette qu’il ne vienne pas. Mais il n’a rien à me reprocher, puisque nous avions choisi un autre moment pour nous réunir... A demain matin.

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