—Oui, c’est très beau.
Et il se remit à lire.
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Nous avions hâte d’arriver de bonne heure à l’étape. Il y avait à visiter un remarquable musée, une vieille église, et à faire une promenade au bord du fleuve, dont les bords, selon l’expression du guide, étaient tout à fait «riants».
Il n’y a pas pour une ville une parure plus belle qu’une rivière. Rien d’aussi «freundlich», comme disent les Allemands, que ces vieux quais où de vieilles maisons curieuses se pressent le long de l’eau, pour voir passer les bateaux... Nous ne manquâmes pas d’aller faire une ballade à pied, sur les berges, au coucher du soleil, quand nous eûmes admiré la vieille église et après une heure fort agréable passée au musée.
Le cousin Léonard ne nous avait pas accompagnés. Il se sentait un peu fatigué, disait-il. En repassant, une fois, puis une seconde fois, devant l’hôtel, nous le vîmes installé dans le salon du rez-de-chaussée. Il était près de la fenêtre, et lisait son livre avec une telle attention, que nous nous arrêtâmes une bonne minute devant lui, sans qu’il nous aperçût.
Le soir, après dîner, nous fîmes encore un tour dans la ville. On nous avait indiqué un petit café-chantant très amusant. Léonard s’excusa de ne pouvoir nous accompagner. Il voulait, disait-il, se coucher de bonne heure. Quand nous rentrâmes, vers minuit, il avait encore de la lumière dans sa chambre...
Le lendemain matin, nous étions tous levés et prêts à partir. Pas de Léonard. Nous le cherchâmes dans l’hôtel. Il n’était plus dans sa chambre. Nous redescendîmes. Le chauffeur arrivait pour demander si l’on partait.
—Nous attendons M. Léonard. Nous ne savons pas où il est passé.
—Mais il est dans ma voiture depuis une demi-heure, dit le chauffeur.