— Va-t-en, maman. Ça ne te regarde pas.

Mme Voraud ne s’en alla pas et dit encore à Daniel :

— Je veux savoir pourquoi ma fille pleure…

Ce qui fit reprendre à Berthe tout son sang-froid. Elle dit à sa mère d’un ton décidé :

— Il ne te le dira pas. C’est notre affaire.

Daniel alla l’embrasser pour cette bonne parole. Elle se pencha sur son épaule. Il embrassa son charmant visage, mouillé de larmes, et aussi ses yeux plus tendres. Il l’embrassa avec ardeur, sans faire attention à Mme Voraud.

— Vous savez peut-être pourquoi elle pleure ? demanda Mme Voraud à Louise Loison, qui, après avoir essayé de la retenir dans la salle à manger, était venue, elle aussi, dans la lingerie.

Louise Loison répondit à cette question par tous les signes en usage dans les différentes écoles de mimes pour exprimer la plus complète ignorance.

— Enfin !… je ne sais pas deviner les énigmes, dit Mme Voraud, en se contentant, faute de mieux, de ce faible mot de sortie.

Louise Loison la suivit, pensant que les choses s’arrangeraient mieux si Berthe et Daniel restaient seuls ensemble.