On jouait un vaudeville en trois actes, le Porte-Allumettes. Daniel ne prit aucun plaisir au premier acte ; préoccupé de savoir si Berthe s’amusait. A l’entr’acte, il se pencha vers elle :
— Vous ne vous amusez pas, fit-il tristement.
— Si, répondit-elle avec bienveillance.
Il se pencha plus près d’elle :
— Tu m’aimes toujours ?
— Oui, dit-elle.
Il l’emmena au foyer, en lui donnant le bras, et lui nomma sur le grand panneau peint les anciens acteurs du Palais-Royal, dont les noms sont d’ailleurs écrits en toutes lettres.
Berthe, parmi les spectateurs, aperçut un drôle de couple : une petite femme en cheveux, en robe jaune, et un grand monsieur, dans une redingote un peu surannée. Daniel parut les trouver excessivement amusants. Chaque fois qu’il passait auprès du couple, il se penchait contre Berthe et feignait d’éclater, si bien qu’à la fin elle ne rit plus du tout.
Après le théâtre, M. et Mme Voraud résistèrent à l’offre du souper.
— Non, non, dit tranquillement M. Voraud, amusez-vous, les jeunes ! Les vieux préfèrent rentrer se coucher.