— Tissus… rectifia doucement Daniel. Papa est dans les tissus. C’est notre cousin, Frédéric Henry, qui est dans les bronzes d’art.
— Comment ? Alors vous n’êtes pas le fils de Mme Frédéric Henry, que j’ai connue demoiselle, et dont le père, M. Hermann, était en Californie ?
— Non, non, monsieur, répond Daniel modestement, pour ne pas paraître beaucoup plus renseigné que M. Voraud sur ce détail de son état civil.
— Attendez donc, dit M. Voraud. C’est moi qui confonds, oui, c’est moi, concède-t-il avec bonne grâce. C’est bien votre papa qui vient de s’installer rue Lafayette, après avoir été longtemps rue du Mail ?
— Exactement, dit Daniel, enchanté, et qui paraît admirer la perspicacité de M. Voraud.
— Voilà trente-cinq ans que je connais votre père.
— Il vous connaît bien aussi, dit Daniel.
— C’est un travailleur et un homme vraiment intelligent, dit M. Voraud, qui semble à cet instant étendre sa bienveillance à toute une classe de négociants moins élégants que lui-même. Est-ce que vous êtes dans ses affaires ?
— Oui, dit Daniel… Mais je prépare en même temps mon doctorat. (Il y avait un instant qu’il cherchait le joint pour glisser ce renseignement.)
— Ah ! vous faites votre droit ! dit M. Voraud. C’est une bonne chose.