— J’aime bien maman, dit Berthe, mais elle est mauvaise quelquefois.

Un après-midi (c’était vers le commencement d’août), Daniel trouva ces dames dans la salle à manger vitrée, parce qu’il avait plu et que le jardin était humide. Mme Voraud, en voyant Daniel, fit sa tête, comme d’habitude. Puis elle dit, à peine le jeune homme était-il assis :

— Berthe, tu t’habilleras. Il faut que j’aille voir Mme Stibel. Tu viendras avec moi.

— Oh ! maman, dit Berthe, tu n’as vraiment pas besoin de moi pour aller voir Mme Stibel. Je suis si fatiguée. J’aime mieux ne pas sortir, aujourd’hui.

— Bien, ma fille, dit Mme Voraud. Nous attendrons ton bon plaisir. Nous irons voir Mme Stibel quand tu seras disposée à m’accompagner.

Daniel se leva brusquement.

— Mademoiselle, dit-il à Berthe, vous m’excuserez de vous quitter. Il faut que je rentre pour travailler.

— Pourquoi vous en allez-vous ? dit vivement Berthe. Ce n’est pas vous qui nous empêchez de sortir.

— Je vous assure, répéta Daniel avec beaucoup de dignité, que je suis obligé de rentrer chez moi.

— Si M. Daniel a des occupations… dit Mme Voraud. Pourquoi le retiens-tu ? Tu es indiscrète.