— Et puis après ? Je m’en fiche, dit Daniel, dont le visage n’exprimait d’ailleurs pas une parfaite insouciance.

— Tu ne t’en ficheras pas toujours, dit Julius. Si ton beau-père saute, ce sera sérieusement, et tu seras obligé de payer pour lui.

— Tu es bête à la fin, dit Daniel. Tu parles de tout ça et tu ne connais rien aux affaires.

— Avec ça que tu y connais grand’chose, dit Julius.

Daniel, très assombri, ne disait rien.

— Tu ne me demandes pas, dit Julius, si j’ai fait des femmes pendant les vacances.

— As-tu fait des femmes pendant les vacances ? dit Daniel docile, et tristement.

— Veux-tu avoir l’obligeance de ne pas faire une gueule comme ça ? dit Julius, et de m’écouter avec plus d’intérêt ! Tu n’es qu’un veau, et tu n’avais qu’à t’informer de ce que je viens de t’apprendre aujourd’hui.

— Ça n’aurait pas changé mes projets, dit Daniel avec énergie. Berthe m’aime, et je l’aime. Je l’épouserai malgré tout… Mais je suis embêté à cause de mes parents. On va leur dire tôt ou tard ce que tu m’as dit aujourd’hui. Alors, ça fera des histoires terribles… Ah ! je suis embêté, je suis embêté.

— Tu es surtout embêtant, dit Julius. Si j’avais su, je ne serais pas venu aujourd’hui. Je voulais aller à Saint-Ouen. Le coiffeur m’avait donné deux tuyaux. C’est toi qui m’as fait manquer ça.