La rencontre d’un petit omnibus rabaissa à nouveau ses prétentions.
C’était un petit omnibus de banlieue, qui n’avait rien en lui-même de terrifiant, et il était étonnant que Bretagne, cheval de troupe, et même, comme son poil gris l’indiquait, ancien cheval de trompette, manifestât un tel effroi à la vue d’un si paisible véhicule.
Mais enfin, le fait était là : Bretagne, à tort ou à raison, ne supportait pas la vue d’un omnibus. Elle monta sur un talus, socle improvisé, et se cabra, elle, dont la spécialité était plutôt de ruer. Et les voyageurs de l’omnibus purent contempler un bleu du 21e dans la posture adoptée sur la place des Victoires par S. M. Louis XIV (dont le cheval du moins est métallique et de tout repos).
Heureusement, un omnibus, si lent qu’il soit, finit toujours par s’écouler. Et Bretagne et Paul purent descendre de leur pendule.
Paul, cependant, rejoignit son camarade. Ils arrivèrent tous deux à la portion de route qu’ils devaient explorer.
Il y avait de quoi faire un joli croquis. La route était traversée de deux étroits chemins et, sur un côté, se trouvait une petite auberge où ils pourraient établir leur quartier général.
A quelques centaines de pas, ils aperçurent sur une route parallèle deux camarades du peloton. Malheureusement, le thème des opérations ne permettait pas à notre jeune homme de leur courir sus et de les faire prisonniers.
Le mieux était d’aller s’asseoir dans l’auberge et d’y exécuter le croquis.
L’opération cependant, n’allait pas sans un certain danger.