Cette première campagne devait lui ménager une grande déception.

En effet, il n’était pas question d’ennemis.

On forma simplement de petites équipes de deux hommes, dont chacune eut pour mission d’aller reconnaître 500 mètres de route, avec l’ordre de rapporter un petit croquis.

Il était bien difficile de prouver sa valeur de grand capitaine au cours d’une aussi modeste expédition.

Mais je dois dire que, lorsque son camarade et lui se détachèrent du peloton pour commencer leur exploration, il ressentit une impression de surprise et de contentement en constatant un grand changement dans l’attitude de la jument Bretagne.

Du moment qu’il ne s’agissait plus de tourner autour du manège ou d’un carré du terrain de manœuvre, ou encore de suivre le peloton, Bretagne s’en remettait à son cavalier pour lui indiquer la route à suivre.

Cette preuve de confiance le remplit d’une fierté un peu troublée.

Et tout de suite, ses ambitions de centaure de renaître…

Il n’était pas un écuyer de manège, soit ! Mais il allait peut-être se révéler un reître de grande route.