Mais on s’apercevait bien vite que c’étaient des paroles rituelles, qu’il ne vérifiait jamais si ses prescriptions étaient observées, et que ses regards, — à la suite de quel idéal ? — se perdaient dans la campagne…

II
SERVICE EN CAMPAGNE

Un jour, on annonça à la décision que le peloton allait, le lendemain matin, faire son premier exercice de service en campagne.

C’était toute une série de grands espoirs qui s’ouvrait devant le jeune dragon.

Au point de vue strict de l’équitation, ses ambitions avaient été déçues.

Mais on peut être un grand conquérant sans être un cavalier de premier ordre.

L’exemple de Bonaparte était rassurant. Paul avait lu, non sans un certain plaisir, dans un livre d’anecdotes historiques, que Napoléon, bien que pourvu de montures soigneusement assouplies et dressées, ne s’était pas toujours entendu avec elles. Or, ces petits ennuis n’avaient pas entravé sa carrière militaire.

Le service en campagne allait sans doute montrer à l’univers qu’à défaut d’aptitudes physiques spéciales, il possédait les qualités intellectuelles extraordinaires qu’exige le métier de conquérant.

Il ne savait pas exactement en quoi consistait le service en campagne.

Mais il lui semblait qu’il inventerait des ruses de guerre géniales et que, dès le premier jour, il allait faire un grand nombre de prisonniers parmi ceux de ses camarades qui représenteraient l’ennemi.