La route était découverte sur la gauche, mais, sur la droite, il y avait un chemin touffu d’où pouvait surgir l’officier ou le sous-officier.

Les deux cavaliers n’avaient soif ni l’un ni l’autre.

Ils avaient sur eux du papier et des crayons, et ils auraient pu parfaitement dessiner leur croquis sur un des bords de la route.

Mais rien au monde ne peut empêcher un troupier, à pied ou à cheval, d’entrer dans une auberge, quand il en trouve une sur sa route.

Et puis, quand on est dragon, ce sont des gestes si avantageux de s’arrêter à la porte d’une hôtellerie rustique, de sauter à terre, d’attacher son cheval à quelque anneau de fer, et de commander fièrement de quoi se rafraîchir !


— Ah ! les soldats ! dit l’aubergiste… Hé bien ! vous arrivez à point !… Attendez un peu…

Et il alla chercher, dans un petit cabinet sombre, un vagabond à cheveux gris, mal coiffé, pas très propre, et dont l’œil unique ne pétillait pas d’intelligence…

— Voilà un client que j’ai pincé en train de me voler des poules. C’est un mauvais sujet bien connu dans les environs. Il est plus souvent à l’ombre qu’au soleil. J’irais bien le conduire à la maison d’arrêt, mais je ne peux guère quitter d’ici. Vous allez me l’emmener à la ville. Je vais vous verser une bolée de cidre pour la peine.

… Que devaient-ils faire ? Ni Paul, ni son camarade n’étaient renseignés… Cet aubergiste avait-il qualité nécessaire pour requérir leur aide ? Ils étaient en képi et en bourgeron, mais un sabre accroché à la selle semblait leur imposer le devoir de défendre la paix publique.