La dame en linon, à la grande confusion de Paul, vint jusqu’à l’entrée de la grange. Elle regarda la jument grise…

— C’est votre cheval ?

— Oui, madame. On est obligé de le mettre à l’écart.

— Il est méchant ?

— Un peu, répondit-il avec modestie.

La dame en linon lui posa encore quelques questions. Il lui révéla sans difficulté qu’il était engagé conditionnel, et, de son métier civil, étudiant en droit.

Elle prolongeait la conversation. L’aimait-elle d’amour ? Avait-elle simplement l’intention de l’inviter à dîner ?

Jamais, après quinze jours de route et de manœuvres, il n’aurait des mains assez propres pour dîner dans une aussi belle maison de campagne, autant dire dans un château…

Et puis, ces gens-là avaient probablement à leur table des officiers du régiment. Ça collerait mal avec un simple bibi de deuxième classe, exerçât-il dans le civil une profession libérale.

La dame ne s’en allait toujours pas. Elle avait l’air embarrassé…