On avait mis tous les officiers de l’escadron dans le corps de logis principal. Les hommes s’installaient un peu partout. Maxime et Paul avaient trouvé une petite remise. Mais tous les camarades, plus dégourdis, s’étaient attribué la paille disponible. Il en aurait fallu une botte aux deux compagnons. Maxime, en tournaillant autour des écuries, avisa un petit grenier, où se trouvait un peu de paille fraîche. Il s’apprêtait à la déménager pour la transporter dans sa remise, quand un petit homme au nez pointu, l’air d’une vieille fille rageuse, vint le menacer de le faire punir, et n’écouta pas les offres de Maxime, qui proposait de payer la paille.
Maxime n’insista pas. Il regarda de côté le régisseur, et s’en alla dans le pays, en marchant lentement, comme un individu qui ne veut pas dire à quoi il pense et qui d’ailleurs ne le sait pas encore lui-même.
A chaque étape, il avait l’habitude de s’occuper de ses affaires. Il passait des demi-heures au bureau de poste, à écrire des dépêches pour des gens de Paris, et des lettres à ses fermiers. Ce jour-là il entra chez le notaire, dont la maison se désignait par des affiches de ventes et des panonceaux.
Un bon moment après, Paul le vit revenir. Il marchait d’un pas plus allègre.
— On va faire nos lits, dit-il.
Il se dirigea vers le petit grenier et se chargea rapidement de la botte de paille.
— Tu n’es pas fou ? s’écria Paul. Qu’est-ce que le type va dire ?…
— J’ai le droit d’emporter cette paille, dit Maxime, et d’en faire ce que je veux.
— Comment ? Qui est-ce qui te l’a dit ?
— Le notaire.