Sur ton bras, soutiens ton poète,
Toi, sa Muse, quand il chantait,
Son Sourire quand il mourait,
Et sa Fête ... quand c'était fête!
Sultane, apporte un peu ma pipe
Turque, incrustée en faux saphir,
Celle qui va bien à mon type....
Et ris!—C'est fini de mourir;
Et viens sur mon lit de malade;
Empêche la mort d'y toucher,
D'emporter cet enfant maussade
Qui ne veut pas s'aller coucher.
Ne pleure donc plus,—je suis bête—
Vois: mon drap n'est pas un linceul....
Je chantais cela pour moi seul....
Le vide chante dans ma tête.
Retourne contre la muraille.
—Là—l'esquisse—un portrait de toi—
Malgré lui mon oeil soûl travaille
Sur la toile.... C'était de moi.
J'entends—bourdon de la fièvre—
Un chant de berceau me monter:
«J'entends le renard, le lièvre,
Le lièvre, le loup chanter.»
... Va! nous aurons une chambrette
Bien fraîche, à papier bleu rayé;
Avec un vrai bon lit honnête
A nous, à rideaux ... et payé!
Et nous irons dans la prairie
Pêcher à la ligne tous deux,
Ou bien mourir pour la patrie!...
—Tu sais, je fais ce que tu veux.
... Et nous aurons des robes neuves,
Nous serons riches à bâiller
Quand j'aurai revu mes épreuves!
—Pour vivre, il faut bien travailler....
—Non! mourir....
La vie était belle
Avec toi! mais rien ne va plus....
A moi le pompon d'immortelle
Des grands poètes que j'ai lus!