La Bête féroce.

Lui qui sifflait si haut, son petit air de tête,
Etait plat près de moi; je voyais qu'il cherchait ...
Et ne trouvait pas, et ... j'aimais le sentir bête,
Ce héros qui n'a pas su trouver qu'il m'aimait.

J'ai fait des ricochets sur son coeur en tempête.
Il regardait cela.... Vraiment, cela l'usait?...
Quel instrument rétif à jouer, qu'un poète!...
J'en ai joué. Vraiment—moi—cela m'amusait.

Est-il mort?...—Ah—c'était, du reste, un garçon drôle.
Aurait-il donc trop pris au sérieux son rôle,
Sans me le dire ... au moins.—Car il est mort, de quoi?...

Se serait-il laissé fluer de poésie....
Serait-il mort de chic, de boire, ou de phthisie,
Ou, peut-être, après tout: de rien ...
ou bien de Moi.


Comme il était bien, Lui, ce Jeune plein de sève!
Apre à la vie O Gué!... et si doux en son rêve.
Comme il portait sa tête ou la couchait gaîment!
Hume-vent à l'amour!... qu'il passait tristement.

Oh comme il était Rien!...—Aujourd'hui, sans rancune
Il a vu lui sourire, au retour, la Fortune;
Lui ne sourira plus que d'autrefois; il sait
Combien tout cela coûte et comment ça se fait.

Son Coeur a pris du ventre et dit bonjour en prose.
Il est coté fort cher ... ce Dieu c'est quelque chose;
Il ne va plus les mains dans les poches tout nu....