Dans sa gloire qu'il porte en paletot funèbre,
Vous le reconnaîtrez fini, banal, célèbre....
Vous le reconnaîtrez, alors, cet inconnu.


Et vous viendrez alors, imbécile caillette,
Taper dans ce miroir clignant qui se paillette
D'un éclis d'or, accroc de l'astre jaune, éteint
Vous verrez un bijou dans cet éclat de tain

Vous viendrez à cet homme, à son reflet mièvre
Sans chaleur.... Mais, au jour qu'il dardait la fièvre,
Vous n'avez rien senti, vous qui—midi passé—
Tombez dans ce rayon tombant qu'il a laissé.

Lui ne vous connaît plus, Vous, l'Ombre déjà vue,
Vous qu'il avait couchée en son ciel toute nue,
Quand il était un Dieu!... Tout cela—n'en faut plus.—

Croyez—Mais lui n'a plus ce mirage qui leurre,
Pleurez—Mais il n'a plus cette corde qui pleure.
Ses chants ...—C'était d'un autre; il ne les a pas plus.


Sur la côte d'ARMOR,—Un ancien vieux couvent,
Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent,
Et les ânes de la contrée,
Au lierre râpé, venaient râper leurs dents
Contre un mur si troué que, pour entrer dedans,
On n'aurait pu trouver l'entrée.

—Seul—mais toujours debout avec un rare aplomb,
Crénelé comme la mâchoire d'une vieille,
Son toit à coups-de-poing sur le coin de l'oreille,
Aux corneilles bayant, se tenait le donjon,

Fier toujours d'avoir eu, dans le temps, sa légende....
Ce n'était plus qu'un nid à gens de contrebande,
Vagabonds de nuit, amoureux buissonniers,
Chiens errants, vieux rats, fraudeurs et douaniers.