—Ortis ne m'aime plus...

Je l'entendis.

—Oh! si, je t'aime, lui répondis-je en me baissant vers elle et en l'embrassant. Je t'aime bien tendrement; mais je ne crois plus te revoir...

O mon frère! Thérèse me regardait épouvantée, en pleurant, serrait Isabelle contre son sein, et tenait ses yeux fixés sur moi.

—Tu vas nous quitter, me dit-elle; mais cette enfant sera la compagne de mes jours et la consolation de mes douleurs; je lui parlerai de son ami, de mon ami, et elle apprendra de moi à te pleurer et à te bénir...

Et, à ces dernières paroles, son âme me paraissait raffermie par quelque espérance; des ruisseaux de larmes s'échappaient de ses yeux, et je t'écris, les mains chaudes encore de ses pleurs.

—Adieu, continua-t-elle, mais non éternellement, non! Adieu, mais non pas pour toujours, n'est-ce pas? non pas pour toujours. Le moment de tenir ma promesse est arrivé, et je l'accomplis: prends ce portrait encore mouillé de mes larmes et de celles de ma mère; éloigne-toi, et n'oublie jamais l'infortunée Thérèse...

Et ses mains l'attachaient à mon cou et le cachaient sur mon cœur...

Je lui pris le bras, je l'attirai vers moi... Ses soupirs rafraîchissaient mes lèvres enflammées, et déjà ma bouche... Tout à coup, une pâleur mortelle se répandit sur son visage, sa main devint froide et tremblante...

—Aie pitié de moi! me dit-elle d'une voix entrecoupée.