La sentence fut rendue le 16 avril 1800: elle condamna les coupables à mourir par le gibet, et, après leur mort, à avoir la tête tranchée et exposée dans des cages de fer à la Vicaria.

Daniello seul échappa à la peine de mort et fut condamné à une prison éternelle dans la fosse de Favignana.

Les coupables furent exécutés sur la place delle Pigne, et subirent la sentence avec une impassible résignation.

J'allais dire: Dieu fasse paix à leurs âmes!—mais le docteur Miraglia m'arrête la main: il ne croit pas que Judith Guastamacchia ait eu une âme.

Et, à mon avis, croire à la matière en pareille circonstance, c'est honorer Dieu.

III

Nous en avons fini avec la partie dramatique et sanglante de notre récit. Nous allons passer, si vous le voulez bien, à ce spectacle qui m'a si fort émerveillé, de voir un drame entier, en cinq actes, représenté par des fous.

Je dis des fous et non pas des folles, parce que M. Miraglia supprime la femme dans ses représentations dramatiques, par trois raisons: la première, parce qu'il n'a dans son établissement, séparé des hommes, que des femmes d'une classe inférieure; qu'il regarde comme une chose plus délicate de faire monter des femmes sur le théâtre que d'y faire monter des hommes; enfin qu'il n'a pas la même puissance pour enchaîner le bavardage insensé des femmes que pour régir la parole des hommes, presque toujours silencieux, tandis que les femmes s'abandonnent à une éternelle loquacité.

Comme je vous l'ai dit en commençant, je ne voulus pas examiner la représentation des fous d'Aversa au seul point de vue de la curiosité et de l'étonnement produit par elle sur le public, et je résolus de savoir de M. Miraglia lui-même les causes qui l'avaient porté à faire de quelques-uns de ses fous des tragédiens et des comédiens, et de lui demander à l'aide de quel procédé il avait obtenu un résultat si complet.

M. Miraglia me répondit: