Le chapitre [Les Bienfaits nécessaires] sera consacré à l’examen de cette simple vérité.

4o Il ne faut pas imposer à ces musulmans ce qu’ils ne demandent pas et ne correspond ni à leurs besoins ni à leur mentalité, c’est-à-dire des [bienfaits périlleux].

Dans un chapitre de conclusion, nous tirerons de ce rapide examen une idée générale de ce que doit être [Le Rôle français en Islam].


La politique musulmane n’est ni ne doit être une somme de recettes mystérieusement élaborée dans des bureaux parisiens par de soi-disant spécialistes, d’après des données fournies par des informateurs parfois douteux ; elle ne réside pas non plus dans un programme aveuglément libéral, conçu dans l’abstrait, dont le seul énoncé doit faire théoriquement bondir de joie les cœurs de tous les musulmans des colonies et protectorats ; c’est à la fois plus et moins.

La politique musulmane n’a pas d’autres ressorts ni d’autres secrets que toute politique digne de ce nom, passée, présente et future. Elle demande une connaissance froide et raisonnée des problèmes, la compréhension de leur diversité, l’intelligence précise de leur portée et de leurs résultats. Elle veut par surcroît de l’attention et de la prudence, l’une et l’autre excluant toute sentimentalité, aussi inutile que dangereuse, tout emballement regrettable et tout jugement aventureux. Elle réclame en un mot ce qui est le fin mot de toute politique : une souple adaptation au réel.

Il y a plus de vingt-cinq ans, le meilleur Gouverneur général qu’ait peut-être eu l’Algérie, M. Jules Cambon, disait ces paroles que bien de ses successeurs auraient pu méditer : « Ne cherchez pas à doter ce pays d’institutions qui se heurtent aux traditions du passé ; donnez-lui, au contraire, un administrateur capable de pénétrer la complexité de l’œuvre qui lui est confiée et muni de pouvoirs qui lui permettent de tenir compte d’intérêts en apparence opposés et d’approprier son action à la nature diverse des hommes et des choses. »

Le seul secret de la politique musulmane gît dans ce conseil d’attitude circonspecte et d’entreprise avisée que traduisent ces quelques lignes

CHAPITRE II
LES DANGERS DE L’ISLAMOMANIE

L’Orient, l’Orient, qu’y voyez-vous, poètes ?

Victor Hugo.