Blanche se prosterna devant lui pour le remercier d'un si grand bienfait. Puis elle se lève, et place ses pieds sur la pièce de soie.

Le religieux montre du doigt la pièce de soie, et prononce à haute voix des paroles sacrées. Soudain la pièce de soie se change en un nuage blanc, qui embrasse mollement Blanche, et l'élève au neuvième ciel, toute rayonnante de lumière et de gloire.

Fa-haï prend ensuite une pièce de soie bleue, et l'étend par terre. Puis il appelle Hân-wen, de son nom de religion. «Tao-tsong, mon sage disciple, lui dit-il, marchez sur cette pièce de soie bleue; ce vieux prêtre va vous élever au séjour des dieux, pour partager le bonheur de votre épouse.»

Hân-wen se prosterne devant lui en frappant la terre de son front; ensuite il se lève et place ses pieds sur la pièce de soie bleue.

Le religieux ayant prononcé des paroles sacrées, la pièce de soie bleue se changea en un nuage azuré, qui enveloppa Hân-wen, et l'éleva majestueusement au milieu des airs. Au même instant, le ciel fut inondé de vapeurs brillantes qui exhalaient une odeur embaumée. Les deux groupes de nuages lumineux qui portaient Blanche et Hân-wen se dirigèrent vers l'Occident, et disparurent dans l'espace.

Fa-haï ayant élevé ces deux mortels au séjour des dieux, monta sur un nuage qui le transporta sur la montagne sacrée, où il rendit compte à Bouddha de sa mission.

En ce moment, Kong-fou et Hiu-chi se mirent à genoux, et les yeux élevés au ciel, ils saluèrent le religieux, qui les quittait pour toujours. Mais le docteur resta par terre, absorbé dans sa douleur.

Kong-fou se penche vers lui et s'efforce de le consoler. «Mon enfant, lui dit-il, votre père et votre mère viennent de monter au ciel en plein jour; c'est un bonheur qu'il est donné à peu de mortels d'obtenir. Pourquoi vous abandonner ainsi aux gémissements et aux larmes? Je vous en prie, revenez avec nous.»

Le docteur céda aux tendres instances de Kong-fou, monta dans une chaise à porteurs, et revint chez ses parents. Mais à peine fut-il arrivé, qu'il se sentit tourmenté par le souvenir de son père et de sa mère. Il fit mouler en or leur image chérie, qu'il plaça dans sa chambre pour les saluer et leur offrir ses hommages du matin au soir, comme s'ils eussent été vivants.

Le docteur étant resté quelque temps chez ses parents, il ne put s'empêcher de songer que le congé que lui avait accordé l'empereur allait bientôt expirer, et que son mariage n'était pas encore accompli. Au moment où il était occupé de cette pensée, le gouverneur de Tsiên-tang vint lui rendre visite. Il alla le recevoir d'un air joyeux, et le fit entrer dans le salon. «Seigneur, lui dit-il quand il se fut assis, votre serviteur a une affaire importante dont il désire charger Votre Excellence.