On avait servi, dans un salon voisin, un repas magnifique pour traiter le gouverneur, ainsi que les parents et les amis qui étaient venus assister à cette solennité. Les convives burent jusqu'au milieu de la nuit, et se retirèrent chacun de leur côté.
Nous ne parlerons pas des marques d'amour que se donnèrent les deux jeunes époux; nos expressions ne sauraient dépeindre leurs transports et leur bonheur. Il est inutile de rappeler aussi les visites et les félicitations qu'ils reçurent encore le lendemain de leurs parents et de leurs amis.
Au bout d'un mois accompli, le docteur alla saluer son beau-père et sa belle-mère, et les invita à venir demeurer dans sa maison et partager ses honneurs et sa fortune. Dès que le congé que lui avait accordé l'empereur fut expiré, il se disposa à retourner dans la capitale. Il choisit un jour heureux dans le calendrier, et emmena avec lui son beau-père et sa belle-mère. Comme il passait par la ville de Sou-tcheou, il alla seul rendre visite à M. Wou, afin de le remercier de ses bienfaits. Dès qu'il fut arrivé à la capitale, et qu'il eut salué l'empereur, il se rendit au collége des Hân-lin pour s'acquitter des fonctions qui lui avaient été conférées. Dans la suite il fut élevé aux charges les plus éminentes, et après les avoir honorablement remplies, il revint comblé de gloire dans la ville de Tsiên-tang.
Pi-liên eut deux fils. Le docteur voulut que son beau-père adoptât le second, afin qu'il lui donnât des héritiers. Kong-fou et Hiu-chi parvinrent, sans aucune infirmité, à la vieillesse la plus avancée. Le docteur et sa femme eurent le même bonheur, et quittèrent doucement la vie.
Il eut de nombreux descendants, qui s'élevèrent tous aux premières dignités de l'État, et perpétuèrent sans interruption la gloire qu'il leur avait léguée. C'est ainsi que le ciel récompensa sa droiture et sa piété filiale.
FIN.
NOTES:
[49] Cette expression désigne ici l'appartement de l'empereur.
[50] Hân-wen.
[51] Le troisième degré littéraire, qui répond au doctorat.