[14] C'est-à-dire, le pavillon où l'on s'enivre des beautés du printemps.


[CHAPITRE II.]

ARGUMENT.

Hân-wen, en se promenant sur le lac Si-hou, rencontre deux belles femmes.

Il commet un crime qui le fait exiler à Kou-sou.


Une belle, aux sourcils noirs, désire imiter l'heureuse union des phénix. La vanille et l'epidendrum marient leurs parfums, et l'amour pénètre deux cœurs à la fois. Mais, un matin, le malheur sépare le phénix de sa compagne.

Revenons à Hân-wen. Le lendemain il se lève de bonne heure, et s'habille avec le plus grand soin. Comme Wang-touan était sur le point de sortir pour aller porter les offrandes funèbres, M. Wang recommanda à Hân-wen de revenir aussitôt qu'il aurait offert le sacrifice, et le pria instamment de ne point s'amuser hors de la maison. Hân-wen le lui promit.

Il sortit aussitôt, suivi de Wang-touan, qui portait les offrandes, et se dirigea vers le cimetière de l'Ouest. Quand ils furent arrivés près du tombeau, Wang-touan rangea les offrandes prescrites. Hân-wen se mit à genoux, et, les yeux baignés de larmes, il adressa ses hommages à son père et à sa mère; ensuite il présenta les offrandes, et brûla des monnaies de papier doré. Lorsque cette triste cérémonie fut achevée, Wang-touan recueillit les offrandes funèbres, et s'en retourna avec son maître. «Nous ne sommes pas loin du lac Si-hou, se dit en lui-même Hân-wen; j'ai envie de profiter de cette occasion pour m'y promener, et contempler les sites enchanteurs qui ornent ses rives. Wang-touan, dit-il au domestique, remporte cette boîte à la maison; j'ai l'intention de suivre ce chemin qui conduit chez mon beau-frère, et d'aller faire une visite à ma sœur aînée; je reviendrai aussitôt après cette courte excursion.

—Monsieur, lui répondit Wang-touan, il faut que nous nous hâtions de nous en retourner, de peur de causer de l'inquiétude à M. Wang.