—Monsieur, lui dit Blanche en souriant, il n'appartient qu'au vulgaire de se laisser guider par de telles considérations, et de faire attention, en se mariant, à l'éclat ou à l'obscurité de la naissance. Dès mon enfance j'ai appris la science de la physionomie; aussitôt que j'ai aperçu les traits de votre visage j'ai jugé que vous étiez destiné au bonheur. J'espère que mon bienfaiteur ne repoussera pas ma demande.

—Je reçois avec joie l'expression de vos sentiments, lui répondit Hân-wen; mais, hélas! je suis sans fortune, et il me serait difficile d'acheter des présents de noces qui fussent dignes de vous.

—Cela ne fait rien,» lui répondit Blanche.

A ces mots elle appela la petite Bleue. «Va dans ma chambre, lui dit-elle, ouvre ma cassette d'or et prends deux lingots d'argent fin que tu donneras à monsieur.»

La petite Bleue obéit, et revient promptement avec deux lingots d'argent qui pesaient cent onces, et les dépose sur la table.

Blanche prit elle-même l'argent et le remit à Hân-wen. «Monsieur, lui dit-elle, emportez cet argent. Vous pouvez maintenant acheter les présents de noces.»

Hân-wen est ravi de joie, et se lève pour recevoir l'argent. «Je vous remercie, lui dit-il, de cette générosité, qui est grande comme le ciel. Je vais aller trouver mon beau-frère et ma sœur aînée, et les prier de présider à mon mariage. Mademoiselle, ajouta-t-il, je ne vous quitte que pour quelque temps, et j'espère avoir bientôt le bonheur de vous revoir.»

Au moment de partir, Blanche lui adressa les plus instantes prières. «Monsieur, lui dit-elle, gardez-vous d'oublier les sentiments que je vous ai voués.

—Mademoiselle, lui dit Hân-wen en faisant un serment, si jamais je vous oublie je veux être en butte à toute la colère du ciel!»

Blanche est ravie de joie, et aussitôt elle ordonne à la petite Bleue d'aller reconduire Hân-wen.