En un instant cette heureuse nouvelle se transmet de bouche en bouche, et bientôt toutes les familles apprennent la vertu miraculeuse des pilules de Hân-wen. Tout le monde vient en acheter; et la foule qui se forme devant sa boutique ne diminue pas un seul instant. Chaque grain se vend trois deniers; et au bout de quelques jours les pilules sont entièrement vendues, et tous les malades ont recouvré la santé.

Hân-wen, qui avait retiré des bénéfices énormes, ne cessait d'exalter la puissance de Blanche. Il est facile de penser que la réputation de la pharmacie de Hân-wen se répandit partout avec la rapidité de l'éclair.

On était alors au premier jour de la quatrième lune: c'était l'époque où l'on célèbre la naissance du dieu Liu-tsou. Les hommes et les femmes se rendent en foule au temple pour y brûler des parfums.

Ce jour-là Hân-wen prit quatre onces d'argent, et voulut aller dans la maison de M. Wou pour acheter de nouveaux médicaments. Comme il passait devant le temple de Liu-tsou, il vit une foule de monde qui entrait à flots pressés dans le temple pour y brûler des parfums. «Puisque je passe par ici, se dit-il, il faut que j'entre comme les autres; j'aurai beaucoup de plaisir à faire une promenade dans ce magnifique édifice.»

Sa résolution est prise, et il s'élance dans le temple.

Depuis ce moment il se passa beaucoup d'événements dignes d'être racontés. Celui qui comptait sur sa science magique trouve une magicienne plus savante que lui, et sa puissance succombe sous une puissance supérieure à la sienne.

Si le lecteur désire savoir ce qui se passa ensuite, qu'il lise le chapitre quatrième.

NOTES:

[20] En Chine, il est peu honorable pour une femme de se remarier, ou de prendre un autre époux que celui avec lequel elle a été fiancée dès son enfance.