«On le peut: je l'essaie, un plus savant le fasse.»
Les trois premiers épisodes qu'on va lire sont extraits d'un roman du XII.e siècle, dont Raoul, comte de Cambrai vers 940, est le héros.—Ce roman, tout-à-fait inédit, repose, en manuscrit de l'époque, à la bibliothèque du roi, sous le N.º 8201, petit in-4.º vélin. Il renferme environ six mille vers et est écrit en tirades omoioteleutes ou monorimes. L'auteur est resté ignoré jusqu'à ce jour[1].
Pour mettre le lecteur en connaissance avec les acteurs des drames épisodiques que nous reproduisons littéralement, nous donnons d'abord la traduction analytique de l'exposition du poème.
EXPOSITION DU POÈME.
TRADUCTION ANALYTIQUE.
Le Comte de Cambrai, Raoul Taille-fer, vient de trépasser, laissant sa femme Alaïs, sœur du roi de France Loys[2], sur le point de devenir mère. Les barons ensevelissent leur droit seigneur, le portent au moustier Saint-Géri, et après avoir célébré ses funérailles, l'enterrent dans l'église. La franche comtesse Alaïs a grand deuil de la mort de son époux.