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«Te voilà quitte envers Gunnar, dit Bergtora à son mari, quand celui-ci, à son retour de l'alting, lui eut montré l'argent du wehrgeld; mais moi je ne le suis pas envers Halgierde.

—Il n'est pas besoin de s'acquitter deux fois! répondit Nial sans autre reproche.

—Oh! poursuivit Bergtora, mon époux a l'humeur bien douce à présent!»

«Quelle somme as-tu donc payée à Nial pour la mort de Roste? demanda de son côté Halgierde à Gunnar, quand celui-ci revint à Lidarende.

—Le prix d'un homme libre, répondit Gunnar, comme c'était du reste mon devoir.

—Allons! ajouta la femme d'un air méprisant, vous faites vraiment la paire, Nial et toi, et ni l'un ni l'autre, certes, vous ne courez le risque de mourir d'un coup de sang!»

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Il y avait alors à Bergtorsvol un certain Losing, dont le père était mort au service de la mère de Nial, et qui lui-même avait élevé le fils de son maître. C'était un homme plein de vigueur, quoique d'un naturel extrêmement placide, et d'un dévouement à toute épreuve. Skarphédin et ses frères l'aimaient comme un père.

L'été suivant, Bergtora le fit appeler et lui dit: