Après un repas copieux et une heure de repos, nous reprenions notre course à travers une contrée fertile et boisée, mais absolument déserte.
— Nous ne verrons plus de maisons avant le retour, m'avait dit Robert en quittant la ferme de O'Ryan; c'est le dernier établissement dans cette direction.
En revanche, le pays devenait plus accidenté; çà et là, des rochers se dressaient dans les touffes de mimosas et les hautes fougères; la plaine suivait un plan incliné, maintenant très sensible, et une ligne sombre de montagnes s'élevait devant nous, coupant l'horizon.
A cinq heures, nous étions au pied de ces collines, que les Australien appellent Ranges, et nous nous arrêtions définitivement en face de hauts rochers, que recouvrait une végétation vigoureuse.
Un des bushmen, envoyé en éclaireur, alla visiter une anfractuosité de la roche, qui, du point où nous étions, semblait l'entrée d'une grotte; mon ami voulait que nous installions là notre campement.
De loin, sur nos chevaux, nous voyions l'homme s'avancer avec précaution; tout à coup, il s'arrêta et considéra longuement un objet placé à ses pieds.
Après un instant, il revint à nous.
— Eh bien? demanda Robert.
— Pas moyen de camper là, répondit le bushman; c'est un vrai charnier; il y a de nombreux ossements, et entre autres un grand squelette….
«Quelque kanguroo blessé par un chasseur maladroit, qui sera venu mourir dans cette caverne, interrompit l'autre bushman. Campons dans le bois, Monsieur cela vaudra mieux.