Robert, secouant les cendres de sa pipe, se leva.
— Allons, en chasse, voici l'heure.
— Comment, en chasse? C'est donc la nuit? …
— Certainement, l'opossum est un noctambule, il ne sort de sa retraite que le soir; toute la journée, il dort et se repose de ses pérégrinations de la nuit.
Robert siffla les chiens, donna ordre à un des bushmen de rester avec le nègre à la garde du bivouac, et, accompagnés de l'autre homme, nous partîmes sous bois. Devant nous, Néro et Trim quêtaient au pied des grands arbres, flairant le sol et promenant leur museau noir sur l'écorce lisse des eucalyptus.
— Tu sais, me dit Robert, qu'on ne tire l'opossum qu'à balle, pour endommager la peau le moins possible. Maintenant, silence, suivons les chiens.
Depuis un instant, Trim et Néro quêtaient avec plus d'ardeur. Néro, surtout, montrait des signes évidents de satisfaction, à en juger du moins par la façon violente dont il agitait la queue; après avoir plusieurs fois contourné un gros tronc, lisse et uni jusqu'à plus de quinze mètres du sol, où une grosse branche formait la fourche, il s'arrêta résolument, le nez en l'air, les oreilles ramenées en avant, immobile; ses yeux, qui brillaient dans l'ombre comme des escarboucles, étaient fixés sur la maîtresse branche. D'un doigt, Robert m'indiquait un point fort confus, et me faisait signe de tirer.
— Je ne vois rien, murmurai-je.
— Là, me dit-il.
Et il me montrait toujours la fourche de l'arbre.