Et surtout tu lui diras, quand il sera grand, que son père est mort pour lui ou tout au moins pour une cause qui doit lui servir à lui et à toutes les générations à venir.

Maintenant, ma chère Yvonne, tout ceci n'est que simple précaution et je pense être là pour t'aider dans cette tâche, mais enfin, comme je te l'ai dit, on ne sait pas ce qui peut arriver. En tout cas, nous partons tous de bon coeur et dans le ferme espoir de vaincre.

Pour toi, ma chère Yvonne, saches bien que je t'ai toujours aimée et que je t'aime toujours quoi qu'il arrive; et j'espère que, quand je reviendrai, tu ne m'en feras plus jamais le reproche.

Aussitôt que tu le pourras, pars pour Fontenay, car, à mon retour, j'aimerai mieux te trouver là-bas et, encore une fois, je compte sur toi et tu seras courageuse et je ne te fais plus de recommandations car je crois que ce serait superflu.

Pour m'écrire, renseigne-toi, je suis au 369e d'Infanterie, mais au lieu du 5e Corps, c'est au 20e.

Ton petit homme qui t'embrasse bien fort ainsi que mon cher petit
Raymond.

GEORGES.

Lettre écrite par le Lieutenant BENDER, Robert, 3e Chasseurs Alpins, tombé au champ d'honneur le 27 Août 1916.

22 Août 1916.

Chère Maria,