Lettre écrite par le Sous-Lieutenant Georges LEVY, 3e Bataillon de marche d'Infanterie légère d'Afrique, tombé au champ d'honneur, au combat de Moronvilliers, le 17 Mars 1917.
Ma chère petite Maman,
Si cette lettre te parvient, c'est que je ne serai plus. Je veux que tu reçoives alors ce dernier adieu. Certes, ce n'est pas très gai de mourir à 22 ans, mais tu pourras être fière de moi comme je le serai moi-même.
J'aurai fait mon devoir et pour un israélite c'est deux fois plus beau. J'aurais voulu vivre pour te rendre heureuse, Dieu ne l'a pas voulu, que sa volonté soit faite. Je n'ai pas toujours été un fils modèle, mais mes bêtises m'avaient servi de leçon et j'aurais voulu te prouver combien je t'aimais!…
Avec ta pensée, je vais au combat et t'embrasse avec toute la tendresse et l'affection que j'ai pour toi.
GEORGES.
Lettre écrite par l'Aspirant LORMIER, 54e Régiment d'Infanterie Coloniale, tombé glorieusement au champ d'honneur le 15 Septembre 1918.
Aux armées, le 2 Septembre 1918.
Mon cher Papa,
Nous allons attaquer sous peu. La compagnie est en première ligne; si tu reçois cette lettre, c'est que je serai tombé au champ d'honneur, comme je l'ai toujours souhaité, car c'est la seule mort pour un soldat.