Le recueil de Sercy[ [59] eut la gloire de mettre au jour les madrigaux imprimés de l'illustre Guirlande, mais c'est à l'édition de la Vie du duc de Montausier, parue en 1729[ [60], que revient l'honneur d'une première impression conforme au texte de l'in-folio manuscrit.
Voici maintenant les éditions intégrales et successives de la Guirlande de Julie:
1° La Guirlande de Julie, offerte à Mlle de Rambouillet, Julie-Lucine d'Angènes, par M. le Marquis de Montausier. Paris, de l'Imprimerie de Monsieur, 1784, in-8° de 82 pages[ [61].
2° La Guirlande de Julie, offerte à Mlle de Rambouillet, Julie-Lucine d'Angènes, par M. le Marquis de Montausier, ornée de trente gravures dessinées et peintes par Mme Legendre. A Paris, chez Mlle Adèle Prudhomme, rue des Marais, no 18.—H. Nicole et Pelicier.—Imprimerie de Didot le jeune, 1818, in-18 carré, frontispice gravé, avec vignette[ [62].
3°La Guirlande de Julie, expliquée par de nouvelles annotations sur les madrigaux et sur les fleurs peintes qui la composent, par M. Amoreux, Dr Mn. Gabon et Cie, Montpellier et Paris, 1824, in-8°[ [63].
4° La Guirlande de Julie, offerte à Mlle de Rambouillet par M. de Montausier. Paris, N. Delangle, éditeur, 1826 (collection des Petits Classiques françois)[ [64].
5° La Guirlande de Julie pour Mlle de Rambouillet, Julie-Lucine d'Angennes. (Appendice de Précieux et Précieuses, par Ch. L. Livet. Paris, Didier et Cie, in-8o, 1859; 2e édition, in-12, 1870[ [65]).]
La bibliographie de ce livre aussi recherché que curieux se termine ici; nous croyons avoir noté aussi consciencieusement que possible les faits les plus saillants qui ont rapport à cet ouvrage; nous avons parlé de ses manuscrits, de ses copies et de ses différentes réimpressions; revenons donc à son parrain et aux poëtes qui dans cette fête des madrigaux prirent part, sur le Parnasse, à la nombreuse cueillette des fleurs qui composèrent l'immortelle couronne.
Pendant son séjour à Paris, M. de Sainte-Maure, assidu à l'hôtel de Rambouillet, vivait dans la plus parfaite intelligence avec les familiers de la marquise. C'étaient chaque jour assauts de sonnets, de rimes équivoques, d'épigrammes ou de rondeaux. Dans cette épicurienne demeure des Muses, l'esprit sans cesse était en sentinelle et l'impromptu sur le qui-vive, prêts à saisir la plus petite allusion ou le moindre prétexte pour lancer un bon mot, une espièglerie, un rien adorable. Aussi, lorsque l'occasion s'offrit à tous ces poëtes de faire leur cour à la princesse Julie, ce fut par un enthousiasme général et une pluie de fleurs qu'ils s'empressèrent d'y répondre.
L'ingénieuse conception de Montausier rallia vers un but unique les talents les plus opposés; les flèches du madrigal furent mises en commun dans le même carquois, la coquetterie de chacun fit trêve pendant quelque temps pour laisser paraître la galanterie d'un seul. Enfin, il se forma pour ce plan d'amour une association généreuse et spontanée, une union fidèle, une fraternelle solidarité.