«Julie si je t'eusse vue».
[21].—La Tulipe signée M. C., dans l'original et dans la copie de Maurepas, est une des trois pièces attribuées à Corneille. Le Recueil de Sercy, si avare cependant de signatures intégrales, signe ce madrigal: «Corneille», et l'abbé Granet, éditeur des œuvres diverses du grand tragique, a inséré dans son édition (Paris, Gissey, 1738, in-12) la Tulipe, ainsi que la Fleur d'Orange et l'Immortelle blanche, de même signées «Corneille» dans le Recueil de Sercy.—Madame de Genlis, dans sa Botanique historique et littéraire (Paris, 1810, p. 91), donne également à Corneille la paternité de ces trois madrigaux, et dans la Bibliographie Cornélienne, qui vient de paraître (Paris, Fontaine, 1875), les éditeurs attachent une assez grande importance à ces trois madrigaux, qu'ils attribuent à Corneille, car, page 198 et suivantes, ils ont dressé fort consciencieusement la liste des trois manuscrits et des différentes éditions de la Guirlande de Julie.
Les éditions Didot et Nodier signent: «Conrart».
[22].—La Jonquille était une fleur rarissime et très-chère en 1641. Mme de Sévigné, en parlant d'une superbe fête, raconte, comme une chose extraordinaire, qu'on y avait prodigué les jonquilles.
[23].—Le Recueil de Sercy, au deuxième vers de ce madrigal, donne, au lieu de:
«Dont l'injuste refus précipita mon sort»,
cette variante:
«Dont mon juste repos précipita mon sort».
Dans l'original, la copie de Maurepas et l'édition de 1729, ce sixain paraît signé des initiales: «de M. le M. de R.»—Les textes de Didot et de Nodier, ennemis des initiales, signent à tort: «M. le marquis de Racan.»—Le poëte des Bergeries n'est aucunement l'auteur de ce madrigal, généralement attribué, et avec raison, au marquis de Rambouillet, père de Julie.
Tallemant est là, du reste, pour appuyer notre assertion: «Elle remercia, dit-il (en parlant de Julie d'Angennes), tous ceux qui avoient fait des vers pour elle. Il n'y eut pas jusqu'à M. le marquis de Rambouillet qui n'en fist, on y voit un madrigal de sa façon.»—Tallemant (historiette de Montauzier).