[14] Huetiana (édition de Paris, in-12, 1722, p. 103). «Jamais, dit l'évêque d'Avranches, l'amour n'a inventé de galanterie plus ingénieuse, plus polie et plus nouvelle que la Guirlande de Julie, dont le duc de Montausier régala Julie d'Angennes, un premier jour de l'an, lorsqu'il la recherchoit en mariage.» Dans cet article, l'honorable M. Huet fixe le don de la Guirlande à l'année 1633 ou 1634. Il y a certainement erreur, car le manuscrit porte la date de 1641.

[15] Charles de Sainte-Maure, alors baron de Salles, est né le 6 octobre 1610. C'était le second fils de Léon de Sainte-Maure, baron de Montausier, et de Marguerite de Chateaubriant, tous deux issus des plus illustres maisons de la Bretagne et de la Touraine. Marquis en 1644, puis duc et pair en 1664, il reçut en l'année 1668 la charge de gouverneur du Dauphin. Molière, dans son Misanthrope, a taillé son portrait en plein marbre, sous les traits d'Alceste, dont il fut, paraît-il, l'original.

[16] Elle s'appelait Julie, du nom de sa grand'mère, Julia Savelli; celui de Lucine lui fut donné par une tradition très-ancienne dans la maison Savelli; on ajoutait toujours ce nom à celui que recevaient, en baptême, les filles issues de cette ancienne famille de Rome.

[17] Julie d'Angennes, née en 1607, était l'aînée des quatre filles de Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet et de Pisani, et de Catherine de Vivonne-Savelli. Elle devint, par suite de son mariage avec M. de Montausier, gouvernante de monseigneur le Dauphin et dame d'honneur de la reine; et mourut à Paris, le 15 novembre 1671, dans la soixante-quatrième année de son âge. (Voyez le P. Anselme, Histoire généal., t. II, p. 427, et t. V, p. 20; et Fléchier, Oraison funèbre de madame la duchesse de Montausier.)

[18] Ce ne fut que quatre ans après la présentation de la Guirlande que M. de Montausier épousa Julie d'Angennes (le 13 juillet 1645). Elle avait alors trente-huit ans. «Elle s'étoit mariée (dit madame de Motteville dans ses Mémoires), n'étant plus jeune, au marquis de Montausier, qui l'avoit aimée quatorze ans, et en se donnant à lui, il lui sembla qu'elle étoit plus touchée des obligations qu'elle lui avoit et de son mérite que du désir de se marier.»

M. de Montausier, pour conclure ce mariage, abjura la religion protestante pour se faire catholique.

[19] Le 22 mai, jour de la Sainte-Julie. Nous serions plutôt tenté d'affirmer, avec M. Huet, que l'offre de la Guirlande eut lieu «un premier jour de l'an»; car, Mai, le mois du renouveau, produit certes assez de fleurs, même au gré des amants. Quant à l'année où Julie trouva ce chef-d'œuvre à son réveil, il est probable que ce fut le 1er janvier 1642, puisque le manuscrit est daté de 1641.

[20] Charles d'Orléans de Rothelin, abbé de Cormeilles et littérateur distingué, né à Paris, le 5 août 1691, mort le 17 juillet 1744. Il fut reçu à l'Académie française en 1728, et à celle des Inscriptions en 1732.

[21] Claude Gros de Boze, antiquaire, né à Lyon en 1680, mort à Paris, en 1753. Il remplaça Fénelon à l'Académie française et fut reçu à celle des Inscriptions, dont il devint secrétaire perpétuel en 1706.

[22] C'est-à-dire faisant face au spectateur. Dans cette position, la droite de Zéphire est à gauche du spectateur; il est représenté de trois quarts.