D'Andilly le fils se décida pour le Soucy (sous le nom de Clytie) et la fleur de Thym; il se fit l'avocat de ces deux fleurs d'une manière si correctement adulatrice, que Julie d'Angennes dut prendre souvent plaisir à regarder le feuillet de vélin où elles s'épanouissaient dans leur élégance raffinée.

Desmarests, sieur de Saint-Sorlin[ [81], qu'on nommait le plus fou de tous les poëtes, et le meilleur poëte qui fût entre les fous, prouva, à l'occasion de la Guirlande, que s'il savait composer de longs et innombrables poëmes, il pouvait faire également de petits et délicieux madrigaux.—Il se présenta avec deux quatrains: l'un sur les Lys, l'autre sur la Violette; le premier d'un charme agréable, mais peut-être équivoque; le second tendrement expressif et d'un mouvement si emblématiquement vrai, qu'il l'emporte en franche beauté sur tous les autres madrigaux du recueil de Montausier. Il est impossible d'exprimer une prétention plus noble sous une forme aussi humblement séduisante. La Violette de Desmarests a conservé sa fraîcheur et son parfum délicat. Elle brille encore aujourd'hui dans tout son éclat, et la coquette petite fleur demeurera assurément immortelle dans notre poésie comme un parangon symbolique de grâce modeste et de timide hardiesse.

Le père Le Moyne[ [82], auteur du poëme héroïque de Saint Louis, fit par la suite une si ingénieuse Métamorphose de la Violette, que nous n'hésitons pas à la citer comme une charmante paraphrase du quatrain de Desmarests.

La voici:

L'humble et timide violette

Craint de montrer aux yeux du jour

L'infortune de son amour,

Depuis la faute qu'elle a faite.

Sans ajustement et sans fard,

Elle n'emprunte rien de l'art: