[36] Apocalypse, chap. 12 et 20.

[37] Genèse, chap. 3.

Selon le poëte Palingène, les démons sont noirs, depuis la pointe des ailes jusqu'à la plante des pieds. Ils ont les dents blanches, et deux défenses de sanglier leur sortent de la bouche. Leur figure est passablement laide; leurs ailes ressemblent à celles des chauves-souris, leurs pieds à ceux des canards. Ils ont une queue de lion, et sont couverts de poils d'ours. Le grand roi des démons est assis sur un trône superbe. Il a sept crêtes et sept cornes sur la tête; les sept cornes portent chacune une tour. Le feu lui sort par le nez, les oreilles, les yeux et la bouche; et sa garde est innombrable[38].

[38] Palingenii Zodiacus vitæ, lib. IX. sagittarius.

Le Diable, qui préside au sabbat, et qui se nomme ordinairement Léonard, s'y présente sous la figure d'un bouc, pâle, triste et noir, avec deux visages, l'un sur les épaules, l'autre sous la queue, comme on le sait de bonne part. Quelquefois il ressemble à un lévrier, ou à un bœuf, ou à un grand oiseau noir, ou à un tronc d'arbre, surmonté d'un visage ténébreux. Ses pieds, quand il en porte au sabbat, sont toujours des pates d'oie[39]. Dans ces rassemblemens de sorciers et de démons, qu'il ne nous est plus donné de voir, les diables subalternes se déguisent en crapauds ou en chats noirs, pour danser le branle avec les sorcières[40]. Au reste, les théologiens permettent aux démons de prendre toutes sortes de formes.

[39] Les experts, qui ont vu le Diable au sabbat, observent qu'il n'a pas de pieds, quand il prend la forme d'un tronc d'arbre, et dans d'autres circonstances extraordinaires.

[40] Leloyer, Delancre, Bodin, Boguet, etc.

—Un choriste de Cîteaux (le frère Herman, d'heureuse mémoire), s'étant légèrement endormi, en chantant les matines, s'éveilla en sursaut, et aperçut deux fesses d'ours qui sortaient du chœur. Cette vision commençait à l'effrayer, quand il vit l'ours tout entier reparaître, et considérer attentivement tous les novices, comme un officier de police qui fait sa ronde… Enfin l'ours sortit de nouveau, en disant:—Ils sont bien éveillés; je reviendrai tout à l'heure voir s'ils dorment… C'était le Diable, qu'on avait envoyé pour contenir les frères dans leur devoir[41].

[41] Cæsarii Heisterbach. Miracul. illustrium. lib. V. cap. 49.

—Un autre moine de Cîteaux dormait aussi de temps en temps, au lieu de psalmodier. Plusieurs démons venaient alors autour de lui, sous des figures de pourceaux, et les frères les entendaient grogner, pendant que le moine ronflait[42].—Un frère convers du même couvent avait pareillement la mauvaise habitude de dormir au chœur. Un jour donc, pendant les matines, ses voisins virent le Diable assis sur sa tête, sous la forme d'un chat noir… Ayant appris cette terrible circonstance, le dormeur se posta désormais sur un tabouret qui n'avait qu'un pied; de manière que, quand le Diable cherchait à l'endormir, il tombait assez lourdement pour se réveiller[43].