[42] Idem. Lib. 4, cap. 35.

[43] Cæsarii ejusdem. lib. IV, cap. 33.

—Une sainte fille du douzième siècle se fit recluse à Aix-la-Chapelle, pour avoir vu une troupe de Diables assis sur les épaules d'une troupe de moines, avec des visages de singes et des figures de chats; et, ce qui est encore plus horrible, elle remarqua que cette procession était précédée d'une bande de démons, déguisés en dogues hideux, qui conduisaient les moines comme des aveugles, ayant, moines et dogues, des colliers de fer et des chaînes au cou[44].

[44] Cæsarii suprà citati, miracul. lib. V, cap. 50.

—Quand les jésuites portèrent la foi dans l'Asie, un pauvre homme de l'île d'Ormus (à l'entrée du golfe Persique), s'étant décidé à embrasser le christianisme, vit une troupe de démons, sous des figures de chats et de rats en colère. C'était la nuit; il pensa qu'on venait peut-être lui tordre le cou. Il appela du secours à grands cris, en faisant le signe de la croix, et tous ces démons s'évanouirent[45].

[45] Epistolæ indicæ; epist. Gaspari Belgæ ad fratres Ormutii 1549.

—Un jurisconsulte, dont on n'a conservé ni le nom ni le pays, ayant envie de voir le Diable, se fit conduire par un magicien dans un carrefour peu fréquenté, où les démons avaient coutume de se réunir. Il aperçut bientôt un grand nègre assis sur un trône élevé, entouré de plusieurs soldats noirs armés de lances et de bâtons. Le grand nègre, qui était le Diable, demanda au magicien qui il lui amenait?—Seigneur, répondit le magicien, c'est un serviteur fidèle.—Si tu veux sincèrement me servir et m'adorer, dit le Diable au jurisconsulte, je te ferai asseoir à ma droite… Mais le prosélyte, trouvant la cour infernale plus triste qu'il ne l'avait espéré, fit un grand signe de croix; et les démons s'évanouirent[46].

[46] Legenda aurea. Jac. de Voragine. Leg. 64.

—Olibrius, gouverneur d'Antioche, fit mettre sainte Marguerite en prison, parce qu'elle était chrétienne. Marguerite, s'y trouvant seule, pria le ciel de lui faire voir le Diable. Tout à coup parut devant elle un énorme dragon, qui ouvrit la gueule pour la dévorer. Cette gueule était si grande, que la jeune fille ne sut d'abord à qui recourir; de façon que le dragon, allongeant sa mâchoire supérieure sur la tête de Marguerite, et sa langue sous ses pieds, l'avala d'un seul trait, et probablement debout. Mais, avant qu'il eût pu la digérer, Marguerite fit le signe de la croix; aussitôt le dragon se creva par le milieu du ventre, la laissa bien portante dans sa prison, et disparut on ne sait comment[47]. Mais bientôt il se remontra sous la figure d'un homme; Marguerite le reconnut, le saisit au collet, le jeta à terre, lui mit le pied sur le front, et ne le lâcha qu'après lui avoir rendu malices pour malices[48].

[47] Os super caput ejus ponens, et linguam subter calcaneum porrigens, eam protinùs deglutivit. Sed dùm eam absorbere vellet, signo crucis se munivit, et ideò draco, virtute crucis, crepuit; et virgo illæsa exivit. Après cela, l'auteur de la légende fait cette réflexion, extrêmement rare dans son livre, que ce passage peut bien être un conte frivole: Illud autem quod dicitur de draconis devoratione apocriphum et frivolum reputatur. (Legenda opus aureum, etc. Jac. de Voragine, auctum à Claudio à Rotâ. Leg. 88.)