[172] Petri venerabilis de miracul., lib. II, cap. 1. M. Garinet, histoire de la magie en France. Madame Gabrielle de P***, Histoire des fantômes et des Démons qui se sont montrés parmi les hommes.
—Une allemande avait contracté la gracieuse habitude de jurer et de dire des mots de corps-de-garde. Elle eut bientôt des imitatrices dans le pays, et il fallut un exemple pour arrêter le désordre. Un jour donc qu'elle prononçait vigoureusement ces paroles qui font frémir:—que le Diable m'emporte!… le Diable arriva aussitôt et l'emporta[173].
[173] Wierius, de prestigiis, lib. 2. Bodin, Démonomanie, lib. 3, chap. 1er.
—Le Diable, déguisé en avocat, plaidait une cause en Allemagne. Dans le cours des débats, la partie adverse, qu'on poursuivait pour avoir volé son hôte, jura qu'elle se donnait au Diable, si elle avait pris un sou. Le Diable, se voyant tout porté, quitte aussitôt le barreau, et emporte le menteur, qui se donnait à lui de si bonne grâce[174].
[174] Wierius, de prestigiis, lib. 2; ce trait est déjà rapporté dans le Dictionnaire infernal.
—Après avoir traîné ses fourberies et son charlatanisme dans l'Italie, la Grèce, l'Égypte, l'Angleterre, la France, etc., Cagliostro fut arrêté à Rome, et condamné, par la sainte inquisition, comme chef de franc-maçonnerie, et coupable de projets incendiaires contre l'état et la religion. La peine de mort, d'abord prononcée contre lui, fut commuée en une prison perpétuelle, par égard pour sa femme qui, lasse des friponneries et des bassesses de ce malheureux, avait eu elle-même la bassesse de le dénoncer.
C'était là que le Diable attendait Cagliostro. On le trouva un matin mort sur son lit; et les chercheurs de vérités miraculeuses, qui abondent encore dans notre Europe, découvrirent que Cagliostro avait eu le cou tordu par le Diable. (L'abbé Fiard n'a pas encore osé admettre cette supposition dans ses dogmes, parce qu'il place Cagliostro au nombre des plus fameux suppôts du Diable, et que l'enfer soutient ses amis…) On sait d'ailleurs que le Diable n'est pas maître de ses actions; qu'il ne fait qu'obéir quand il tue, et que Cagliostro était le plus abject des hommes, et le dernier des escrocs, si l'on en croit l'auteur italien qui a écrit sa vie.
—L'empereur Valens, gagné par les caresses de sa femme, qui était arienne, et séduit par l'évêque de Constantinople, fit une guerre ouverte aux catholiques, en faveur de la doctrine d'Arius. Il exila S. Athanase, S. Mélèce et plusieurs autres saints qui tenaient à l'église de Rome; il ordonna l'expulsion de tous les prêtres qui oseraient blâmer publiquement les opinions de l'empereur.
Le ciel fit plusieurs miracles pour réduire cet esprit indocile; Valens demeura dans l'endurcissement, ainsi qu'on va le voir. S. Basile ne pouvait se taire sur l'hérésie arienne, et il annonçait la vérité à qui voulait l'entendre. Valens le ménagea long-temps, par égard pour son âge et pour son grand mérite. Cependant, comme Basile s'obstinait à crier contre l'empereur, celui-ci se décida à signer l'exil du saint; et les trois plumes qu'il essaya se brisèrent entre ses doigts… Valens, saisi d'étonnement, déchira la pancarte, et laissa en repos le saint évêque. Mais ses yeux ne se désillèrent point… Il fit baptiser son fils par des prêtres ariens: le jeune prince mourut incontinent[175]; et son père ne se convertit pas encore…
[175] Les historiens ecclésiastiques rapportent cela comme un prodige. Si c'en est un, à quoi se fier maintenant? Le premier fils de Clovis mourut aussitôt après son baptême, et il était baptisé par des prêtres catholiques…