[225] Magiam dæmoniacam pleno ore negarunt Averroes et alii epicurei, qui, una cum saducæis, dæmones esse negarunt. Torreblanca, Délits magiques, liv. II, chap. 5.
—Chicus Œsculanus, qui avança cette hérésie, que la lune est un globe habitable comme le nôtre, avait un démon familier, nommé Floron, de l'ordre des chérubins damnés, qui lui souffla la susdite hérésie et l'aida dans ses travaux.
—Le système de Copernic, que tous les peuples instruits ont adopté, fut condamné, quand il parut, par l'inquisition de Rome, comme une impiété et comme une œuvre du Diable.
—Jean Faust, l'un des inventeurs de l'imprimerie, fut aussi regardé comme hérétique et magicien, en plein commerce avec les démons. On fit des livres sur les merveilles qu'il opéra par ses prestiges, et quelques bons esprits de son siècle l'accusèrent d'avoir fait écrire par le Diable les premières Bibles qu'il imprima. Nos ancêtres faisaient bien peu d'honneur à l'esprit humain, puisqu'ils le croyaient incapable de rien inventer, sans le secours du Diable. Si quelqu'un s'amusait à en faire la recherche, il trouverait probablement toutes les anciennes découvertes qui ont pu causer quelque surprise, attribuées aux habitans de l'empire infernal[226].
[226] Il y a, par exemple, certaines inventions, dont nous ne pouvons nous attribuer l'honneur. Telles sont les poêles à frire, les broches à embrocher, les grils, les marmites, les chaudières, les fourches, les ponts, les disciplines, et autres objets de même acabit, qui sont en usage dans les enfers, depuis que les enfers sont sur pied.
—Roger Bacon parut dans le treizième siècle. C'était un cordelier anglais. Il fut mis en prison comme magicien damnable, parce qu'il étudiait les mathématiques et les autres sciences naturelles. La beauté de son esprit le fit surnommer le docteur admirable. On dit qu'il inventa la poudre. Il était versé dans les beaux-arts, et surpassait tous les moines ses confrères, par l'étendue de ses connaissances et par la subtilité de son esprit. C'est pourquoi on publia qu'il devait sa supériorité aux démons, avec qui il commerçait nuit et jour.
—Pierre d'Apone, l'un des plus célèbres médecins du treizième siècle, se faisait servir par les Diables. Il acquit la connaissance des sept arts libéraux, en quelques leçons que lui donnèrent sept démons familiers. Malheureusement encore pour cette belle histoire, Pierre d'Apone ne croyait pas aux démons.
—Dans des circonstances désespérées, une jeune fille, l'immortelle Jeanne d'Arc, ranima le courage des guerriers français, releva notre gloire ternie, nous sauva de l'esclavage… Elle avait fait des prodiges: on l'accusa d'être sorcière, de commercer avec les démons; et ce fut sous ce prétexte ridicule que la Pucelle fut indignement brûlée, à la honte de Charles VII et des Anglais[227].
[227] Voyez l'Histoire de Jeanne-d'Arc, par M. Lebrun de Charmettes; et l'Histoire de la Magie en France, par M. Jules Garinet.
—Les Templiers furent exterminés comme adorateurs du Diable, avec qui ils commerçaient secrètement, parce que, dans les deux cents ans que leur ordre exista, ils s'étaient couverts de lauriers, et surtout parce qu'ils avaient amassé de grandes richesses. Aussi eut-on bien soin de confisquer leurs biens… Combien d'autres furent traités comme les Templiers et la Pucelle d'Orléans!…