[33] Le chaperon étoit la marque de la petite bourgeoisie (V. notre Recueil de variétés historiques et littéraires, etc., t. 1, p. 306). Il fut aussi, jusqu'au temps de Louis XIV l'habillement des femmes nobles pendant le deuil de leurs maris. Saint-Simon, dans une note du Journal de Dangeau, décrit longuement celui que portoient les princesses du sang. (Lémontey, Essai sur la monarchie de Louis XIV, etc., précédé de nouveaux mémoires de Dangeau, Paris, 1810, in-8, p. 204.)
[34] C'est Daubray qu'il faut lire. L'auteur des caquets prête une erreur à sa veuve, en lui faisant dire que son «mary deffunct» fut trois fois prévôt. Claude Daubray, conseiller, notaire et secrétaire du roy, fut élu échevin en 1574, sous la prévôté de Monsieur le président Charron, puis prévôt de 1578 à 1580, époque où il eut pour successeur Auguste de Thou. Voilà toute sa vie municipale. (V. Piganiol, Description de Paris, t. VIII, p. 441.)
[35] Les charbonniers, comme tous les autres petits métiers ou emplois nommés après, ne formoient pas à Paris de communauté, «parcequ'il ne peut pas y avoir de fabrique de charbon dans la ville.» Ceux qui le portaient devoient avoir permission du roi, ou tout au moins des magistrats. C'étoient «des espèces de charges, qui ne furent établies que depuis le XVIIe siècle.» Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, Hh, p. 39.—V. aussi dans notre Recueil de variétés historiques et littéraires, t. 1, la note de la page 204.
[36] C'étoient de petits officiers de ville créés pour tasser et mesurer le bois dans les membrures, en présence des jurés. Les hommes de peine ou crocheteurs s'appeloient aussi gagne-deniers. Le règlement général pour la police de Paris, du 30 mars 1635, fixa le tarif dont, sous peine du fouet, ils ne devoient pas se départir pour leurs salaires.
[37] Ces râcleurs-jurés ne sont sans doute autre chose que les ramoneurs de cheminées, qui en effet ne formoient pas non plus une véritable corporation, et rentroient ainsi dans la catégorie des métiers précédents. V. Mél. d'une gr. biblioth., id., p. 280.
[38] Il doit être fait ici allusion aux fêtes encore récentes que la Ville avoit données à Louis XIII quand il étoit venu, en 1620, allumer lui-même sur la place de Grève le feu de la Saint-Jean. Entre autres superfluitez de ce bûcher annuel, il ne faut pas oublier les chats qu'on y brûloit dans un sac ou dans un muid, singulier auto-da-fé dont il est parlé dans le libelle infâme, le Martyre de frère Jacques Clément, etc. Paris, 1589, p. 34, 35. Sauval, qui en fait mention dans ses Antiquités de Paris, t. 3, p. 631, cite ce passage des registres de la ville au XVIe siècle, tant de fois rappelé depuis: «Payé à Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent sols parisis, pour avoir fourni durant trois années, finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu'il falloit audit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni il y a un an, où le roi y assista, un renard pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourmi un grand sac de toile où estoient lesdits chats.» Dans une lettre de l'abbé Lebeuf (Journal de Verdun, août 1751), relative au feu de la Saint-Jean, se trouvent d'autres détails sur cette bizarre coutume d'y brûler des chats, et il y est fait ainsi allusion dans une pièce très rare, contemporaine des Caquets:
| Un chat qui d'une course brève |
| Monta au feu Saint-Jean, en Grève; |
| Mais le feu, ne l'epargnant pas, |
| Le fit sauter du haut en bas. |
| (Le Miroir de contentement, Paris, 1619, in-12, p. 4.) |
Je ne trouve la raison de cette cruauté contre les chats que dans la croyance où l'on étoit qu'ils se rendoient tous à un sabbat général la veille de la S.-Jean (Moncrif, les chats, 1re lettre). On les brûloit, le lendemain, comme convaincus de sorcellerie.
[39] En 1601, la ville avoit décidé de lever dix sols sur chaque muid de vin afin de pourvoir à la réparation des fontaines. Le roi accapara cette taxe, et, dans l'assemblée générale du 17 avril de cette même année, il fit connoître aux échevins qu'il en destinoit les fonds à l'achèvement du pont Neuf. (Félibien, Hist. de Paris, t. V, p. 483.) Depuis, comme l'indique ce curieux passage des Caquets, cette taxe, vivace comme tout bon impôt, avoit été maintenue. L'argent, d'abord employé à l'achèvement du pont, avoit passé aux réparations des quais.
[40] «Les autres pauvres de Paris qui sont valides et assez sains pour gaigner leur vie, et qui neantmoins, pour estre aucunement foibles, paresseux et mauvais ouvriers, ne trouvent pas qui les veuille employer, sont enroolez par les dicts commissaires des pauvres, leur dict bailly ou greffier, et envoyez, receuz et employez aux fossez, fortifications, remparts et œuvres publicques de la dicte ville, etc.» G. Montaigne, la Police des pauvres de Paris, s. d., p. 13.