La femme qui empiète sur les instruments spécialement réservés aux hommes, et qui, par exemple, joue du violon, de la flûte ou de la contre-basse, a, pour l'ordinaire, une allure de caractère masculin et un soupçon de moustaches. Si elle est mariée, elle intervertira le fameux article 215 du Code civil, relativement à l'obéissance conjugale.

Vice versâ, l'homme qui pince de la harpe ou de la guitare doit, au besoin, faire de la tapisserie et ourler des cravates.

Si l'on adoptait généralement notre système d'observation mélomane, il faudrait dire à un de ses semblables non pas: «Dis-moi qui tu hantes,» mais «dis-moi ce que tu chantes, et je te dirai qui tu es.»

Albert Cler.


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