Chut!—Le sous-régisseur a frappé les trois coups obligés. Le nouvel ouvrage, sur lequel l'administration fonde les plus grandes espérances, se produit devant le public.
La Saint-Robert et la Saint-Phar ne manquent pas de donner carrière à leur langue pendant le cours de la représentation.
«Regardez donc c'te Léonide!... est-elle faite... elle croit p't-être avoir des z'anches, tandis qu'elle n'a que deux coins de rue qui font tomber sa robe des deux côtés..... Ah! ah! ah!
—Et Francine... reprend la Saint-Phar, voyez donc comme elle minaude, comme elle joue de l'œil avec les gants jaunes de l'avant-scène... C'est indécent, foi d'honnête femme... Ah! si j'étais tant seulement quelque chose ici, elle n'y ferait pas de vieux os...
—Dites donc... mame Saint-Phar, il me semble qu'on appelle azor[2]?
—Déjà... Nous n'en sommes encore qu'au second acte...
—Aussi... je leur disais bien ce matin que leur ouvrage était mal écrite.
—Bon! voilà Alfred qui fait four[3] dans sa grande tirade... Au vrai... j'n'en suis pas fâchée... Depuis que c'garçon-là s'est un peu lancé dans le moyen âge, on n'peut plus en approcher... il est fier comme un pont!
—Dites donc... dites donc... mame Saint-Phar, mais voilà qu'on appelle encore azor... Ça va mal... Ah! si ma fille n'était pas là pour soutenir la chose...
—Votre fille!... mame Saint-Robert... je n'ai pas voulu en faire la remarque tout à l'heure... mais il me semble qu'elle a été un peu travaillée[4].