«Je sus le lendemain que notre voyageuse avait visité les eaux, et que, n’osant s’aventurer seule au milieu de la campagne, elle avait accepté le bras du jeune dandy.
«Quelque temps ils marchèrent en silence, au milieu des longues avenues bordées avec coquetterie d’une double rangée d’ormes, et se dirigeaient vers un village voisin, lorsqu’une calèche, attelée de chevaux de poste, s’avançant rapidement vers eux, s’arrêta sur un signe du jeune homme.
—Qu’est-ce donc? fit la charmante voyageuse.
—Une surprise que je vous ménage, répondit en riant celui-ci. Veuillez monter, la route est fatigante, et ce sera pour moi le plus délicieux voyage.
—C’est trop de galanterie.
—Pas assez pour une femme aussi aimable, reprit aussitôt son compagnon en portant à ses lèvres une petite main qui ne s’éloigna pas.
—Allons! s’écria-t-elle en riant aux éclats, je m’abandonne à vous, à la grâce de Dieu! Monsieur, ajouta-t-elle d’un air affectueux, que serais-je devenue aux eaux si je ne vous avais rencontré? je serais morte d’ennui. Vous êtes vraiment mon bon génie.
«Le jeune homme sourit, mais cette fois ne répondit rien.
«La chaise de poste continuait rapidement sa course, et une conversation fort animée s’établit entre les voyageurs.
—Où allons-nous donc? dit-elle; c’est la grande route que nous suivons... Postillon!... postillon!...