Juvénal.

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Les anciens méprisaient souverainement la profession d’avocat.

Un jeune historien de mes amis (si docte que jamais il n’a pu se résoudre à subir sa thèse de licencié en droit) résume ainsi dans quelques lignes les témoignages de leur opinion à cet égard:

«Cicéron, dit-il, appelle les avocats chiens enragés, crieurs d’actions, chantres de formules, oiseleurs de syllabes....»

Ceci, je l’avoue, m’étonne de la part de Cicéron.

«... Sénèque, après avoir sans aucun doute perdu quelque ruineux procès, les traite de chiens affamés; Salluste, d’aboyeurs; Aulugelle, de têtes viles, pécores du Forum, vautours en robes. Pétrone nous montre un homme qui ne sait s’il fera de son fils un crieur public, un avocat ou un barbier, etc., etc., etc.»

Luther (voyez l’épigraphe placée en tête de ce chapitre), Luther partagea l’opinion des anciens.

Et aussi les parlements du moyen âge: témoin ces mémorables paroles de je ne sais quel président au Patru de son époque: «Maître ***, vous en avez assez dict pour gaigner vostre aveine.»