[Note 61: ] [(retour) ] Goupil. Le renard.
XIV.
ANNEE 493.
Comment S. Pascases que l'on cuidoit que il fust
en paradis, fu trouvé en un purgatoire.
[62]En ce temps trespassa l'apostoile Anastaise; grant dissention fu en peuple après sa mort, car une partie s'acordoit en une personne qui avoit nom Lorens, et l'autre partie plus seure et meilleure, si comme il parut après, se consentoit en un autre qui estoit nommé Simmaques; dont il avint que ils furent ordonés[63] tout en un jour, et comme l'une partie ni l'autre ne voulut cesser ni donner lieu à l'autre, les deux parties s'accordèrent que le débat fust terminé par le jugement le roy Thierri, duquel nous avons ci-dessus parlé. Le roy donna sa sentence et dist que celui qui avant avoit esté esleu de la plus grant partie du clergié et du peuple, demourast au siège. En telle manière demoura Simmaque apostoile, et l'autre fu évesque d'une cité. Ainsi comme saint Grégoire raconte, saint Pascases, diacre de l'église de Rome, s'accorda en celle dissension à celui Lorent: Si estoit-il saint homme et de haute vie; car il chastioit son corps par abstinences, les povres amoit et leur donnoit largement pour l'amour de nostre Seigneur; dont il avint, quant il fu trespassé, que l'on portoit son corps à la sépulture; un homme plain de dyables atoucha à sa dalmatique, et fu tantost délivré du dyable qui au corps lui estoit entré; et jà soit que il se fust assentis en l'élection du devant dit Lorent, si le cuidoit-il faire selon Dieu, mais il ne le faisoit pas selon science: dont il avint que un évesque de la cité de Capue, qui avoit à nom Germain, s'ala laver ès bains d'Angoulème parle conseil des phisiciens, pour une maladie que il avoit. Ainsi comme il fu ès bains descendu, il trouva saint Pascases en grans chaleurs là dedens, tout apareillié de lui servir. Quant celui évesque le vit, il fu espoenté, et lui demanda comment si grant homme et de si grant opinion dont il avoit esté, démouroit là. Il respondi que il ne souffroit ces chaleurs pour autre raison fors pour ce que il s'estoit consenti à l'eslection de Lorens; «Et si tu vouloies,» dit-il, «prier pour moi à nostre Seigneur et tu ne me trouvoies ci au retourner, tu pourroies savoir certainement que Dieu auroit ta prière receue.» Quant ce preudomme s'en fu retourné, il pria pour lui en messes et en oroisons, et puis retorna arrières; mais il ne le trouva mie.
[Note 62: ] [(retour) ] Aimoini lib. I, cap. 11.
[Note 63: ] [(retour) ] Ordonés. Sacrés.
[64]Incidence. En ce temps fu merveilleusement grant famine par toute Bourgoigne: pour quoi un des sénateurs fist une chose qui moult plut à nostre Seigneur: ce sénateur avoit nom Edices. Il envoia par tout ses serjans, bien assembla jusques à quatre mille povres de ceus qui plus grant mésaise souffroient, à ses propres despens les soustint toute la chierté du temps, dont il avint que une vois lui dist: «O tu, Edices, pour ce que tu m'as saoulé en mes membres et mes povres soustenus et relevés en temps de nécessité, pain ne te faudra jamais né à ta lignée.» Moult dut estre lié de telle response.
[Note 64: ] [(retour) ] Aimoini lib. I, cap. 12.