Note 571: Estrivoient. Luttoient.
Note 572: «Quod occidentalibus partibus gratiæ Dei pignus esse videretur.»
Lors luy respondit l'empereur Constantin que moult désiroit oïr sa requeste, et lui octroya qu'il requéist quanques il voudroit. Lors luy décovrist l'empereur Charles son cuer; si dist ainsi:
«Je te requiers donc que tu m'octroyes des peines[573] de la passion nostre Seigneur Jhésu-Crist, qu'il souffrit en la croix pour nous péchieurs; pour ce que ceulx de nos parties d'Occident qui, pour la rémission de leurs péchiés, ne peuvent çà venir, aient et voient sensiblement aucune remembrance de nostre Seigneur et de sa passion, par quoy leurs cuers soient amolis par pure dévocion, et que la pitié et la passion nostre Seigneur Jhésu-Crist les amaine à fruit de pénitence.»
Note 573: Des peines. C'est-à-dire, sans doute: des instruments de supplice
VII.
ANNEE: 800.
Coment l'empereur fist querre les reliques, et coment ils furent tout purgiés par confession avant que ils les trovassent; de la prière l'empereur Charlemaines et d'un miracle qui avint.
De ceste requeste fu moult lié l'empereur d'Orient: débonnairement lui octroya ce et autres choses quanques il luy plairoit à prendre. A tant se départirent; Charles retourna à ses arcevesques, évesques, abbés, moynes et autres gens de religion, et à ceulx de ses princes qui plus estoient sages; et leur demanda conseil comment le hault saintuaire devoit estre traittié et mené plus honnestement et plus religieusement. Et l'empereur de Constantinoble repaira à son clergié et à ses barons, pour enquerre où les saintes reliques estoient repostes; car il ne savoit encore pas où sainte Hélaine, la mère le premier Constantin, avoit mis ce saint trésor né en quel lieu il estoit.
Lors luy respondirent ainsi: «Sé tu veux touchier ou prendre une partie des peines nostre Sauveur, digne chose seroit que l'abitacle de foy (ce sont les cuers de nous péchieurs) feussent avant nettoiés, par confession de vraie repentance, et que les espines et les chardons de nos piés feussent avant escartés et estrepés[574], par le jeune de trois jours; et que les greniers de nos cuers feussent avant remplis du fruit de vraie pénitence; et lors pourroit-on dignement approchier des saintes reliques.»